Bête d’Enfar, c’est un murmure d’été, une silhouette furtive dans les recoins d’un jardin angevin, quand les herbes sont hautes et que le soleil décline doucement. Ce vin blanc tranquille, tout en finesse, évoque le calme et la lumière dorée des fins de journée, là où le temps s’étire et les sens s’apaisent.
Comme le coléoptère dont il porte le nom en patois angevin, Bête d’Enfar est discret mais présent. Il révèle, sans éclat forcé, la beauté du Chenin sur calcaire tuffeau : droit, minéral, profondément vivant.
Il n’en fait pas trop, mais il dit l’essentiel. C’est un vin libre, sincère, qui prend le temps de s’exprimer — avec retenue, avec justesse.
Dans le verre, il brille d’une robe pâle légèrement dorée, et s’ouvre sur des parfums subtils de fleurs blanches, de zestes d’agrumes et de pierre chaude. Un vin de jardin, de table simple, de conversations lentes. Un vin à boire à l’ombre, ou dans la lumière douce d’un repas partagé.


Bête d’Enfar, c’est d’abord une histoire de terre. Les vignes de Chenin, âgées de 8 à 30 ans, poussent sur les plateaux calcaires de Saumur, entre craie verte altérée et argilo-calcaire limoneux. Ces sols donnent au vin sa tension naturelle et sa finesse minérale.
La vendange, entièrement manuelle, permet de cueillir les raisins à parfaite maturité, avec le plus grand soin. Les jus sont légèrement oxydés avant fermentation — sans ajout de soufre à ce stade — pour enrichir la palette aromatique et gagner en profondeur.
La fermentation est spontanée, guidée uniquement par les levures indigènes, dans le calme d’une cuve inox. Le vin est ensuite élevé sur ses lies pendant sept mois, sans bâtonnage, pour préserver la pureté et la fraîcheur.
Un léger ajout de soufre (30 mg/L) est effectué à la mise en bouteille, juste ce qu’il faut pour accompagner le vin sans le figer. Bête d’Enfar est un vin vivant, façonné avec patience et humilité.
dégustation
Bête d’Enfar, c’est un souffle net et tranquille. Dès l’ouverture, le nez se révèle en douceur : fleurs blanches, verveine, agrumes et une pointe saline. Il y a dans son bouquet une élégance silencieuse, une promesse de fraîcheur.
En bouche, l’attaque est franche, cristalline. On y retrouve l’énergie du sol calcaire, cette tension fine qui porte le vin sans l’alourdir. La matière est soyeuse, presque aérienne, avec une belle douceur, très équilibrée. La finale est longue, rafraîchissante.
C’est un vin pour les moments vrais — ceux où l’on ralentit, où l’on s’écoute, où l’on partage sans habillage.
À servir entre 8 et 10°C, sans carafe, dans la simplicité d’un repas qu’on n’a pas cherché à trop apprêter.
